top of page
Rechercher

Triangle de Karpman au travail : comprendre les rôles de victime, sauveur et persécuteur

il y a 4 heures
6 min de lecture
Tableau "Triangle de couleurs" (1927)
Wassily Kandinsky
Triangle de couleurs (1927) - Wassily Kandinsky

Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver dans une relation professionnelle dont vous aviez du mal à sortir ?


Vous faites régulièrement le travail d'un collègue parce que cela va plus vite. Vous avez le sentiment qu'un collaborateur ne prend pas ses responsabilités. Ou, à force d'accumuler de la frustration, vous finissez par lui faire un reproche.


Sur le moment, chacun peut avoir l'impression de réagir de façon légitime. Pourtant, certaines de ces situations finissent par se répéter et les mêmes rôles semblent revenir : l'un se sent impuissant, l'autre prend en charge, un troisième critique ou met la pression.


C'est ce que le triangle dramatique de Karpman permet d'éclairer.


Développé dans le cadre de l'analyse transactionnelle, ce modèle décrit trois positions relationnelles - la Victime, le Sauveur et le Persécuteur - et surtout la manière dont nous pouvons passer de l'une à l'autre.


L'intérêt du modèle de repérer ce qui se joue dans une relation et de retrouver davantage de liberté dans sa manière de réagir.


Alors, dans quel rôle avez-vous tendance à entrer au travail ? Et comment en sortir ?


Le triangle de Karpman, qu'est-ce que c'est ?


Le triangle dramatique a été développé par le psychiatre américain Stephen Karpman à la fin des années 1960, dans le cadre de l'analyse transactionnelle. Il décrit les jeux relationnels qui se rejouent entre les mêmes personnes, le plus souvent de façon inconsciente.


Il distingue trois positions :

●      la Victime, qui se sent impuissante ou sans solution ;

●      le Sauveur, qui intervient pour aider, parfois sans que cela lui soit demandé ;

●      le Persécuteur, qui critique, accuse ou met la pression.


Triangle dramatique, triangle de karpman. Persécuteur, victime, sauveur.

Ces positions s'appellent les unes les autres : si une personne occupe l'un de ces rôles, elle invite l'autre à prendre un rôle complémentaire. Et c'est cette bascule permanente qui alimente le jeu.


Une personne peut commencer en position de Victime, trouver quelqu'un qui vient la sauver, puis finir par se sentir contrôlée par cette personne et adopter à son tour une position de Persécuteur. C'est cette circulation entre les rôles qui crée et entretient le jeu psychologique.


Mini-test : dans quel rôle avez-vous tendance à entrer ?


Lisez chaque situation et choisissez la réponse qui ressemble le plus à votre réflexe spontané. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.


Situation 1. Un collaborateur vient vous voir parce qu'il rencontre une difficulté sur un dossier important.

A. Vous lui proposez rapidement une solution pour l'aider à avancer.

B. Vous lui demandez ce qu'il a déjà essayé et ce dont il aurait besoin pour trouver une solution.

C. Vous lui expliquez qu'il aurait probablement pu éviter cette situation en s'organisant autrement.

D. Vous l'écoutez, mais vous avez le sentiment de ne pas avoir vraiment de prise sur la situation.


Situation 2. Votre manager vous confie une mission supplémentaire alors que votre charge de travail est déjà importante.


A. Vous acceptez, même si vous savez que cela va être difficile à tenir.

B. Vous lui expliquez clairement ce qui est déjà en cours et échangez avec lui sur les priorités.

C. Vous acceptez, mais vous ressentez une forte frustration et lui en voulez de ne pas voir votre charge.

D. Vous vous dites que vous n'avez pas vraiment le choix et qu'il vaut mieux faire avec.


Situation 3. Un collègue vient régulièrement vous parler d'une difficulté, sans que la situation ne semble vraiment évoluer.


A. Vous cherchez avec lui des solutions et finissez parfois par prendre certaines choses en charge.

B. Vous l'écoutez, mais vous commencez à vous agacer de le voir revenir toujours avec le même problème.

C. Vous lui demandez ce qu'il souhaite faire et ce qu'il pourrait lui-même mettre en œuvre.

D. Vous l'écoutez sans trop savoir comment l'aider, en espérant que la situation finira par se débloquer.


Ce que vos réponses peuvent vous apprendre


Ce test ne vous enferme pas dans un rôle. Nous pouvons tous être tour à tour Victime, Sauveur ou Persécuteur, selon les situations et les personnes avec lesquelles nous sommes en relation. Le plus utile est d'observer ce que vous faites spontanément lorsque la relation devient inconfortable.


Si vous avez souvent choisi les réponses A, vous avez peut-être tendance à prendre en charge ce qui ne vous appartient pas. Vous aimez aider, trouver des solutions, faire avancer les choses. Mais à force de faire à la place de l'autre, vous pouvez finir par vous sentir indispensable, puis frustré. C'est une dynamique qui peut vous installer dans la position du Sauveur.


Si vous vous reconnaissez davantage dans les réponses C, vous pouvez avoir tendance à exprimer votre désaccord sous forme de reproche, surtout lorsque la frustration s'est accumulée. Derrière le « tu aurais dû » ou le « tu ne fais jamais… », il y a parfois un besoin ou une limite qui n'a pas été exprimé plus tôt. C'est la position du Persécuteur.


Les réponses D peuvent traduire un sentiment d'impuissance ou l'impression de ne pas avoir réellement le choix. Vous subissez alors la situation plus que vous n'agissez sur elle. C'est ce qui caractérise la position de Victime.


Enfin, les réponses B et certaines réponses C, selon les situations, peuvent ouvrir une autre voie : clarifier, poser une limite, demander ce dont on a besoin ou laisser à l'autre sa part de responsabilité.


L'objectif n'est donc pas de devenir systématiquement cette quatrième posture qui aurait toujours la « bonne » réaction. Il est de pouvoir repérer plus rapidement le rôle dans lequel vous êtes en train d'entrer et choisir, lorsque c'est possible, une autre manière de réagir.


Car sortir du triangle commence souvent par une question simple :

« Qu'est-ce qui m'appartient ici, et qu'est-ce qui appartient à l'autre ? »


Comment sortir du triangle de Karpman ?


Sortir du triangle ne consiste pas à cesser d'aider, à ne plus rien ressentir ou à ne plus jamais demander de soutien. Le psychologue Acey Choy a proposé une transformation de chacune des trois positions, souvent appelée le triangle gagnant.


La victime devient vulnérable : elle reconnaît sa difficulté et son inconfort, mais elle reste en lien avec ses propres ressources et sa capacité à choisir.

« Je ne peux rien faire » devient « voici ce qui est difficile pour moi et voici ce que je peux demander. »


Le sauveur devient bienveillant : il soutient sans faire à la place, en respectant la compétence de l'autre plutôt qu'en la court-circuitant.

« Je vais le faire à ta place » devient « comment puis-je t'aider sans prendre ta responsabilité ? »


Le persécuteur devient affirmé : il exprime ses besoins, ses limites et ses désaccords de façon directe, sans attaquer la personne.

« Tu ne fais jamais ce qu'il faut » devient « voici ce qui ne me convient pas et ce dont j'ai besoin. »


Le point commun de ces trois transformations tient en peu de mots : chacun reprend sa part, ni plus ni moins. C'est précisément ce que décrivent les réponses D du test.


Et si vous sortiez du jeu ?


Comprendre le triangle de Karpman peut être une première étape. Mais lorsque certaines situations se répètent, il peut être difficile d'y voir clair seul.


Parfois, sortir du triangle ne demande pas de changer l'autre. Il s'agit simplement de reprendre sa place, sa responsabilité et sa liberté d'action.


En coaching, je vous aide à prendre du recul sur ces situations, à identifier vos réflexes relationnels et à expérimenter d'autres façons de vous positionner.


Vous vivez actuellement une situation professionnelle dans laquelle vous avez l'impression de tourner en rond ? Je vous propose un premier échange de 30 minutes pour en parler.



FAQ – Triangle de Karpman au travail


Qu'est-ce que le triangle de Karpman ?

Le triangle de Karpman est un modèle issu de l'analyse transactionnelle qui décrit trois positions relationnelles : Victime, Sauveur et Persécuteur.


Qu'est-ce qu'un jeu psychologique au travail ?

Il s'agit d'une dynamique relationnelle répétitive dans laquelle plusieurs personnes adoptent, souvent inconsciemment, des rôles qui entretiennent la situation.


Comment sortir du triangle de Karpman ?

En identifiant sa propre position, en retrouvant sa marge de responsabilité et en exprimant plus clairement ses besoins, ses limites et ses attentes. Le triangle gagnant d'Acey Choy propose une alternative à chacune des trois positions : vulnérable, bienveillant, affirmé.


Le triangle de Karpman signifie-t-il qu'une personne est manipulatrice ?

Non. Le modèle ne permet pas de qualifier une personne de manipulatrice. Il sert à observer une dynamique relationnelle et la manière dont chacun y participe, y compris soi-même.


Le triangle de Karpman peut-il être utile aux managers ?

Oui. Il aide à réfléchir aux mécanismes de dépendance, de sur-responsabilisation, de délégation, de limites et d'autonomie qui peuvent apparaître dans une équipe.

 
 
bottom of page