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Au secours, mon chef a un TDAH !


Vous avez parfois l'impression que votre responsable change de priorité du jour au lendemain ?

Qu'un projet présenté comme stratégique lundi est remplacé par une nouvelle idée mercredi ?

Qu'il/elle lance plusieurs initiatives en parallèle sans toujours préciser ce qui est réellement prioritaire ?


femme submergée au travail par son che TDAH

Ces situations peuvent être déroutantes, voire source de frustration pour les équipes. Elles peuvent donner le sentiment d'un manque d'organisation, d'une communication confuse ou d'une instabilité dans les décisions.


Et si certaines des attitudes les plus déstabilisantes de votre manager n’étaient pas un manque de professionnalisme, mais la traduction d’un fonctionnement neurologique différent ?


Dans certains cas, ces dynamiques sont liées à un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).  


Cet article propose des clés concrètes pour mieux collaborer avec un manager qui présente des traits de TDAH tout en protégeant votre énergie et votre clarté.


Pourquoi un dirigeant avec un TDAH fonctionne-t-il ainsi ?


Le TDAH n'est pas un manque de volonté ni un problème d'intelligence.

C'est un fonctionnement neurologique particulier qui influence notamment :

  • la gestion des priorités ;

  • l'attention ;

  • la mémoire de travail ;

  • l'impulsivité ;

  • la régulation des émotions ;

  • la capacité à passer d'une idée à une autre.


Chez un dirigeant, cela peut donner l'impression d'une personne brillante… mais imprévisible.

Non pas parce qu'elle change d'avis volontairement.

Mais parce que son cerveau détecte en permanence de nouvelles opportunités.

Chaque nouvelle idée semble soudain devenir LA priorité absolue.

Le problème ? Toute l'équipe ne vit pas dans sa tête.


Les difficultés que cela peut créer


Un manager avec un TDAH peut, sans le vouloir :

  • changer fréquemment les priorités ;

  • lancer beaucoup de projets simultanément ;

  • oublier de communiquer certains changements ;

  • donner plusieurs demandes… sans préciser laquelle est réellement urgente ;

  • envoyer énormément d'informations, parfois dans tous les sens ;

  • avoir du mal à estimer les délais.


Pour les collaborateurs, cela peut rapidement devenir source de stress :

"Qu'est-ce qui est vraiment important ?"

"Est-ce que je continue ce que je fais ou je change tout ?"

"Pourquoi ce projet est-il abandonné alors qu'il était prioritaire hier ?"


Cette instabilité n'est généralement pas intentionnelle.

Elle reflète simplement la vitesse à laquelle fonctionne le cerveau du dirigeant.


Mais il y a aussi de grandes forces


Heureusement, le tableau ne s'arrête pas là.

Les dirigeants avec un TDAH possèdent souvent des qualités exceptionnelles :

  • une créativité débordante ;

  • une grande capacité à résoudre des problèmes complexes ;

  • une vision stratégique originale ;

  • beaucoup d'énergie lorsqu'un sujet les passionne ;

  • une capacité à entraîner les autres dans leurs projets ;

  • une forte intuition.


Ils voient souvent les opportunités avant les autres.

Ils imaginent rapidement des solutions nouvelles.

Ils savent fédérer autour d'une vision ambitieuse.

À condition que leur fonctionnement soit suffisamment structuré.

Car le problème n'est généralement pas le manque d'idées…

C'est l'excès.


Comment travailler efficacement avec un chef qui a un TDAH ?


La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des stratégies très simples qui changent complètement la collaboration.


1. Clarifiez systématiquement les priorités

Si votre responsable vous confie cinq nouvelles missions, n'hésitez pas à demander :

« Parmi toutes ces tâches, quelles sont les deux priorités de cette semaine ? »

Cette simple question évite énormément de malentendus.

Elle aide également le manager à prendre du recul sur ses propres priorités.


2. Organisez un point hebdomadaire

Les priorités évoluent vite.

Un point de 20 à 30 minutes chaque semaine permet de répondre à trois questions essentielles :

  • Quelles sont les priorités cette semaine ?

  • Qu'est-ce qui peut attendre ?

  • Y a-t-il de nouvelles urgences ?

Ces rendez-vous deviennent rapidement un véritable filet de sécurité.


3. Résumez les décisions par écrit

Après une réunion, un simple message du type :

« Pour vérifier que nous sommes bien alignés :

priorité 1 : …

priorité 2 : …

échéance : …

prochain point : … »

Cette structure peut éviter de nombreuses incompréhensions.

Le cerveau TDAH apprécie énormément les repères visuels.


4. Facilitez-lui la vie

Lorsqu'un manager reçoit un e-mail, il doit souvent prendre plusieurs décisions rapidement.

Plus votre message est clair, plus vous augmentez vos chances d'obtenir une réponse.

Un bon e-mail contient :

  • le contexte ;

  • la demande ;

  • l'action attendue ;

  • la date limite ;

  • les documents directement joints.

Moins il doit chercher d'informations, plus il pourra vous répondre efficacement.

  • Remettre les liens Zoom, les PDF, les pièces jointes directement dans l’email.

  • Ne pas écrire : “Tu trouveras ça dans le dossier X / sur le drive.”

    → c’est créer 2–4 étapes supplémentaires pour votre manager, qui risque de se perdre ou de procrastiner.


5. Osez demander des arbitrages

Beaucoup de collaborateurs hésitent à déranger leur manager.

Pourtant, lorsqu'un dirigeant avec un TDAH lance beaucoup de projets, demander un arbitrage devient indispensable.

Par exemple : « Si je dois terminer ce nouveau dossier aujourd'hui, lequel des autres projets dois-je repousser ? »

Vous l'aidez ainsi à hiérarchiser ses propres demandes.


6. Ne prenez pas tout personnellement

Un dirigeant avec un TDAH peut parfois sembler brusque, impatient ou dispersé.

Il est souvent simplement… saturé.

Lorsqu'il reçoit trop d'informations en même temps, son cerveau peut rapidement passer en mode surcharge.

Avant de conclure qu'il est en colère ou qu'il vous reproche quelque chose, prenez un instant pour vérifier :

  • est-ce le bon moment ?

  • a-t-il toutes les informations ?

  • est-il simplement débordé ?

Parfois, revenir une heure plus tard permet d'obtenir une conversation beaucoup plus constructive.


Le meilleur manager TDAH n'est pas celui qui cache ses difficultés


Les équipes les plus performantes ne sont pas celles où chacun prétend tout savoir faire.

Ce sont celles où chacun connaît ses forces… et accepte ses limites.

Un dirigeant qui reconnaît :

« Je suis excellent pour imaginer la stratégie, mais j'ai besoin d'aide pour garder le cap »,

crée souvent un climat de confiance beaucoup plus fort.

Inversement, les collaborateurs peuvent eux aussi partager leurs besoins :

« J'ai besoin que les priorités soient claires pour travailler efficacement. »

Cette transparence permet à chacun de jouer sur ses points forts.


En conclusion

Avoir un chef avec un TDAH n'est pas toujours de tout repos.

Oui, il changera probablement encore d'avis.

Oui, il aura certainement une nouvelle idée brillante… avant même que la précédente soit terminée.

Mais lorsqu'une équipe comprend son fonctionnement, met en place quelques rituels simples et ose communiquer ouvertement, cette énergie peut devenir une formidable force d'innovation.

Le véritable enjeu n'est donc pas de faire entrer un dirigeant avec un TDAH dans un moule.

C'est de construire un environnement où sa créativité peut s'exprimer… sans désorganiser toute l'équipe. Après tout, les meilleures idées naissent souvent dans des cerveaux qui pensent autrement.








 
 
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